P160311_12Le flot des jours déverse le trop plein de ses émotions mutiques, envahissant de rage la moindre fêlure, et rabottant comme dans un éclat de rire les bords élimés d'une conscience rendue à la chair minérale...

Peu à peu, l'invasion se fait plus grandissante de ces doutes et de ces craintes qui glissent en trombe au plus profond de mes vaisseaux...ah, le doux soulagement des instants d'éternité qui ponctuent la seconde infatigable où tout l'univers se concentre sur un point de lumière, là où l'essence d'un détail aussi infiniment précieux qu'anodin vient embaumer de sa chaude enveloppe les âmes endolories ! Ah, la joie sereine et blanche ! Ah, le coeur fragile !

 

Bruissement impromptu de la vague au fond des tripes, le monde vomit sa haine, et je creuse le vent de mars à la recherche de pépites en bourgeons.

Puissent les heures, les jours, les semaines et les mois, achever la quête nouvelle de ces broutilles si précieuses qui posent une à une des barreaux sur l'échelle des temps meilleurs ! Car lentement, malgré les errances, les regrets et les craintes, la houle noire estompe sa colère et me laisse entrevoir, à la surface des promesses printanières, par delà les boues destructrices des mois passés sous la bannière de la la trahison et du mensonge, le halo délicat d'un soleil qui brille alentour...courage cher moulin oublié, raffermis tes pierres et laisse l'orage passer, car la bourrasque réduit le chant de ses trompettes sauvages, et les berges de ta vie seront à nouveau libérées...tiens bon ! Et si cela peut te donner du courage, remplis ton coeur des fleurs à venir qui viendront parsemer de leurs tendres couleurs le tapis ondoyant des herbes hautes qui danseront à nouveau à tes pieds...