21h37 ; nous sommes le premier avril.

Si les étoiles poinçonnent gaiement le ciel, la nuit cependant n’est pas tout à fait noire : le jour  s’obstine dans la teinte encore bleutée de l’horizon. Hier nous avons changé d’heure, et aujourd’hui, enfin, le soleil a donné alentour ses premières lueurs printanières. Dans l’air nocturne qui a fini par adoucir ses bourrasques sur la cime frêle des bambous du jardin, on peut encore distinguer le filet à peine sensible d’un feu de bois dans le lointain, qui étiole  avec mélancolie les dernières réminiscences d’un long hiver. Le monde renaît tendrement, imperceptiblement, dans les rumeurs d’un soir qui susurre à notre cœur les promesses de l’été à venir.

En attendant, il est maintenant 21h51, et le voile d’ébène de la nuit est finalement tombé. 

 

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