covers hesitation

Voilà, c'est fait, Trent est reviendu avec son jouet à lui cinq ans après The Slip, le précédent opus labellisé Nine Inch Nails royalement livré gratos aux fans ("this one is for me" nous disait le bonhomme au lancement)...Et voilà aujourd'hui qu'il nous offre un matériel profondément déroutant, très inaccessible, profondément autistique, totalement auto-référencé...Avec pourtant toute une palette nouvelle sur sa toile : audace, autodérision, sérénité, maîtrise, modernité...Un album inabordable, et pourtant totalement pop et jouissif, pour peu que l'on sache prendre le temps de l'écouter, de le comprendre, et plus encore  de le vivre comme il a été écrit : avec les tripes plongées dans le congélo, en mode dancefloor sur la banquise...C'est parti pour la critique la plus longue du web !!!!

Cinq années se sont donc écoulées pour l'âme pensante de Nine Inch Nails. Une fois trouvée la paix de l'âme dans un mariage avec la musicienne/mannequin Mariqueen Maandig et la tournée Wave Goodbye aux allures de chant du cygne (bien que papa Reznor objectait alors de toutes ses forces qu'il ne s'agissait que d'une pause pour la formation) arrivée à son terme, ce temps fut marqué par une collaboration continue avec Atticus Ross sur les bandes originales des films de monsieur Fincher* ainsi que sur le projet trip-hop/électro How To Destroy Angels, en compagnie de son épouse. Beaucoup de matériel audio donc, quelques inédits ponctuels (notamment en matière de jeux vidéos), et une écriture musicale qui, peu à peu, affichait une sérénité inédite dans l'œuvre du bonhomme et un caractère de plus en plus orienté électro/expérimental...Alors autant le dire tout de suite : un nouvel album de Nine Inch Nails était autant attendu comme le messie par le fanboy que je suis, qu'avec une crainte non dissimulée au vu du parcours de ces cinq dernières années...

 

Entre les échos des vieux démons...

Les toutes récentes interviews avec le bonhomme nous annonçaient une influence directe et un retour aux sources de Downward Spiral (1994), et pas de mensonges ou d'effets d'annonce : on y est ! On reprend donc Russel Mills pour tracer un artwork dans la pure continuité de l'album référence, et on traite les mêmes émotions : là encore, Reznor annonce qu'il a vieilli, qu'il a certes réglé beaucoup  de ses problèmes (alcool, drogues, dépression, cerveau triste et solitaire...) et trouvé la paix du coeur, mais qu'il reste le même; beaucoup de ses détracteurs ont raillé son costard en allant réceptionner sa statuette à la cérémonie hyper corporate des Oscars : il faut cependant bien comprendre que l'on ne change pas la nature du sang qui nourrit ses vaisseaux, et Hesitation Marks vient honorer de sa noirceur la lymphe cradingue du bonhomme torturé que l'on a toujours connu... En ce sens, cette galette n'est pas moins viscérale que son ancêtre : il s'agit d'un album intime, intérieur, qui palpite en dedans et qui se révèle dans la solitude chaude et obscure d'écouteurs cérémonieusement vissés au fond des tympans...

Pour un habitué de Reznor, les résonnances sont évidentes, les thèmes récurrents, les riffs ré-accommodés...Et au premier abord, pour ma part, ça a presque été jusqu'à la saturation. Les clins d'œil, ça va une minute, mais au bout d'un moment la resucée m'a presque donné le sentiment d'un manque total d'inspiration. Quelques notes ici ou là, un arrangement déjà trop entendu dans les différents Halo de NIN, des récupérations de HTDA, des phrases au mot pour mot...Ajoutez à cela des textes pas franchement brillants et un côté Best-of de carrière, et on commence à se dire que NIN sent un peu la naphtaline. Et puis j'ai pris le temps d'écouter, encore, encore, encore...L'album d'un cinquantenaire qui, globalement, ne se sent apaisé que depuis cinq ans; alors forcément ça ressasse...On continue de chercher des excuses, à cause qu'on est fan et qu'on ne veut pas dire du mal des gens qu'on aime; et puis on finit par comprendre que ce n'est pas le sujet, que tout est délibéré, et qu'autour de ces réminiscences il y a de la musique, nouvelle, et surtout un regard totalement inédit.

L'aspect psychanalyse sonore est absolu, et au bout du compte on se dit que  Trent n'a en définitive jamais été aussi honnête dans un album...Là où avant un "I've tried everything" pouvait sonner comme de la masturbation arrogante et désabusée, une forme de posture badass d'un gars cradingue jamais avare d'expériences décadentes, on y lit aujourd'hui le bilan serein d'un homme qui, pour noire que sa vie ait pu lui paraître, sait désormais y lire la satisfaction d'un chemin achevé, d'une nouvelle existence plus consciente d'elle même : de sa sensibilité à fleur de peau, Reznor tire aujourd'hui une force calme là où autrefois il ne faisait que subir les aléas de ses névroses... Un retour en forme de rédemption, profondément américaine (sinon moraliste), mais malgré tout avec un je-ne-sais quoi de profondément touchant...

De ces thèmes et sons que l'on attendait forcément, on ne retrouvera que des traces qu'il faudra aller chercher pioche à la main : si les textes sont faiblards et qu'ils racontent toujours la même histoire, le regard de Reznor sur lui-même est totalement nouveau; et sur le son, une fois relevées une à une les citations des albums précédents, en épit d'une griffe reconnaissable entre mille, il ne reste pas grand chose d'un album de Nine Inch Nails tel qu'on aurait pu s'y attendre...Au risque de perdre les fans de la première heure, plutôt que de fabriquer un faux album trash et violent sur des postures artificielles, le choix a été clair : on fait du NIN sans concession, et en ce sens, si Reznor a changé, alors NIN change aussi !

extrait clip

 

...et la tentation des jeunes loups,

Hesitation Marks est définitivement un album bicéphale, complexe, équivoque...Le paradoxe de Nine Inch Nails tiraillé entre chaleur moite, intérieure, et électronique glaciale, n'a rien de nouveau...Il s'exprime simplement ici en paroxysme. Exit les guitares et le piano, ici l'analogique a fait la place au numérique; les trois quarts des sessions rythmiques sont des boîtes à rythme, ça arrange à tout va, les basses sont étonnement en retrait, et aucun son ne sort en naturel (même la première apparition de la discographie d'un saxophone, pourtant premier instrument de Reznor, est ici sur-arrangé)...Le mix est découpé au scalpel, ciselé dans la glace, précis, affuté...Sharp ! Blague à part, tout est maîtrisé, léché, à l'excès. Le son cradingue ? Oui, il y est parfois, mais le master est tellement peaufiné que l'on aurait presque l'impression que les aspérités ont été toutes repassées cent fois au compresseur. Le son est difficile pour moi, autant être honnête : c'est lisse, propre, américain à outrance...Certains passages auraient leur place sur un album de Lady Gaga, on n'y verrait pas la différence. Un regret ? Ben, c'est qualitatif c'est sûr, mais ça sonne parfois tellement FM 2013 que c'en est déroutant...

Un aspect marqué aussi par une lecture d'innombrables influences extérieures...Il y a des séquences sur cet album qui auraient eu leur place sur des galettes de Radiohead ou de Björk, alors même si ce sont de jolis noms, on est en droit d'être étonné. Si Trent a globalement enregistré dans son coin 90% des éléments sonores, il est évident que le travail avec Atticus Ross (présent aussi sur Hesitation Marks) a marqué au fer ce travail...On aurait même vu certains morceaux sur un EP de HTDA...c'est dire ! A force de travailler ensemble, la richesse apportée par un unique collaborateur depuis cinq ans a fortement déteint sur le musicien, alors après c'est à chacun de voir s'il aime ou non le résultat !

Depuis sept ou huit ans d'ailleurs, Reznor se la joue un peu Bowie en donnant leur chance à de jeunes talents...C'est tout à son honneur, et cela traduit une écoute de choses très contemporaines...Le choc d'Everything, qui a mis tout le monde sur le cul avec un côté happy pop, a cependant une lecture assez évidente pour moi, justement dans ce sens de l'alternative américaine du moment. On est juste sur un morceau directement issu de la scène indé new-yorkaise,  à la jonction du shoegaze et de la postwave...En vieillissant, le bonhomme se fait esthète, investisseur, mécène; il se confronte à des choses nouvelles, et forcément il en retire des influences qui, si effectivement nous déstabilisent dans l'idée que l'on se fait de NIN, répondent pour autant toujours à la logique selon laquelle le groupe a toujours été un terrain de jeu pour l'artiste, qu'il le traite désormais comme tel, et manifestement, sans postures désormais; voire, un tantinet d'autodérision !

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...un album riche et envoûtant !

Allons désormais dans la critique pure...

L'ouverture de l'album est abrupte, comme pour contenter les attentes, et ouvre dans le sens du poil : une fois passés Eater of Dreams (du pur Downward !), Copy of A et Came Back Haunted, vous aurez exploré, en dépit de la qualité évidente de ces morceaux, tout ce que l'album a à proposer d'attendu de la part de NIN. Une ouverture qui lorgne encore du côté de l'indus tout en répondant aux deux derniers albums, avec un côté fan-service qui, du coup, manque peut-être de sincérité, de punch, ou de quelque chose...mais ça reste efficace et agréable, en dépit de ficelles un peu grosses.

Copy of A, léché, calibré, artificiel, profondément électro, n'en reste pas moins une intro d'album convenue pour du NIN, tout en offrant avec plaisir une ambiance dancefloor frénétique, dans une démarche très proche de ce que certains ont pu reprocher à With Teeth : le titre est très house certes, mais il est diablement efficace du moment que l'on pose le cerveau pour ne pas remarquer son aspect cousu de fil blanc.

Avec Came Back Haunted là encore, on marche en terrain connu. Premier single à être paru avec la caution morale d'un clip de David Lynch sans véritable surprise, on enfonce le clou sur un titre qui ne peut qu'évoquer Survivalism...Il en possède tous les codes, à ceci près qu'en dépit de son message très downwardien, cela reste frais, léger...on a du mal a sentir la noirceur et pour cause : il est question ici de soigner les vieux démons, de les expulser tout comme ces trois morceaux d'introduction en forme de cahier des charges, pour pouvoir passer à autre chose. Ici, on a posé les bases des références passées, on va pouvoir attaquer ce que le morceau raconte en filigrane : on revient, on a digéré, place à la suite ! Ce qui, au demeurant, ne retire rien là encore à la frénésie contagieuse du titre...

Et puis on vient cogner dans les habitudes : Find My Way, avec sa forme intime de prière du soir ou de confession solitaire, résonne comme une thérapie des AA...Une chanson douce-amère, qui n'évoque rien d'autre pour moi que les grandes heures de Massive Attack; j'aime ça, donc ok, mais le ton est donné et tout neuf...Elle nous dit, calmement, que les années Happiness in Slavery sont loin, loin derrière, et que désormais l'homme a d'autres sensations à évoquer. Cette chanson commence à donner son sens à l'album, dont la tracklist se révélera au fil des pistes profondément cohérente, sinon carrément chronologique. C'est là que l'on comprend les paradoxes qui vont s'opérer : on a les mêmes mots de Reznor, les mêmes thèmes, certains samples que l'on a déjà eu l'occasion d'entendre en fond sur The Slip ou Year Zero...Et pourtant, non, ce n'est pas du tout la même chose, le monstre s'est transformé : on est en plein dans la maxime de Lavoisier**...

Le ton continue sur le même modèle avec All Time Low: comment ne pas penser à Closer, ou à The Big Come Down sur ce petit riff guitare ? Quelques sessions voix aux résonnances disco, un refrain électro entêtant avec trois notes de gratte à fond de réverb profondément Depeche Mode, un phrasé qui nous tire toujours vers le trip-hop...et en même temps, une lecture vocale déjà entendue sur Head Down, et quelques mots qui nous relancent direct en plein Ruiner....Une litanie perturbante, intime là encore, mais cette fois côté chambre sale...

On réattaque avec Disapointed, qui s'ouvre comme un morceau de Welcome Oblivion, l'album de HTDA...d'ailleurs, on imaginerait plus la voix de Mariqueen Maandig sur ces nappes ;-) Petits bits sourds, guitares saturées lointaines à la NIN qui se perdent dans les limbes, assemblages de sons à la limite du bruitisme...Une petite chanson sous l'eau, qui part d'un coup en mode dancing avec toujours ces mêmes grattes qui nous balisent un terrain que l'on pensait connaître, pour revenir dans cette ambiance qui me rappelle quelques heures de Debut de Bjork...

Et puis c'est Everything, le scandale du troisième morceau dévoilé avant la sortie de l'album. Intro boîte à rythme pourrie, un chant happy california et un riff tout droit sorti d'un album des Smashing Pumpkins, avec une montée qui aurait eu sa place sur Pornography de The Cure...le tout, largement modéré par la seule chanson avec un son vraiment low-fi, des grattes cradingues en diable sursaturées ici ou là, comme pour compenser et dire "oui, c'est bien du NIN que t'écoutes mon gamin !". Et en même temps, c'est un hommage tellement frais, c'est tellement branché, c'est beau de voir un gars qui rejoue sa jeunesse sur les skateboards, et qui nous dit que c'est bon, tout va bien, le noir est derrière...Elle détonne cette chanson dans l'album, et en même temps elle est cohérente, et je l'aime bien, à cause de sa couleur qui me renvoie à ma propre adolescence, et à la scène postwave qui me fait tellement kiffer sans se prendre le ciboulot...T'en veux de l'autodérision toi ?

On revient à notre époque avec Satellite, qui globalement aurait du être sur Year Zero : il a en les thématiques, la couleur sonore, les samples, tout quoi ! Et en même temps...en même temps la voix a ce côté suce ma bite typique de Downward, et les nappes lointaines nous relancent en plein Pretty Hate Machine...Là on commence à péter un peu les plombs : ce gars est en train de réécrire sa discographie sur chaque morceau ! Et franchement, c'est bon !

Retour au trip-hop de HTDA avec Various Methods of Escape...et en même temps, très vite la référence saute ! Un refrain kitsch façon FM 90's, et paradoxalement tellement frais et efficace...Des petites nappes ici ou là qui nous renvoient à ce que l'on connaissait...un vrai hommage à Fragile, à Buffy contre les Vampires, à Morsheeba aussi d'ailleurs; le plus 90's de tous les morceaux, ce qui me va  très bien en mode nostalgie, en dépit de son surmixage lisse typique de cette époque. Doit-on y lire le fil conducteur de la prochaine mode qui nous attend ?

On refout les écouteurs pour danser tout seul dans le noir avec Running...Petites percus ici et là, ambiance électro-tribale toute douce, on kiffe en mode autiste sur cette litanie qui donne envie de courir en dedans, et de laisser la petite araignée choisir son coin de crâne...un morceau qui, pour ma part, est un très bon B-Side de Radiohead seconde période.

Vous n'aviez pas eu assez de 90's ? Le refrain d'I Would for You s'en chargera à merveille ! Notez, après l'intro lourde électro et cradingue qui me renvoie à quelques morceaux sombres de Björk, je ne peux pas m'empêcher de penser sur le refrain à Coldplay, ou encore à Perfect Drug...Vous comprenez maintenant le bordel de cet album ? Transitions abruptes, sinon maladroites, références multiples, son mis en scène en mode "je suis un mec heureux maintenant", contradictions évidentes, balisage en terrain connu et retournage de situations à la volée..

Faisons semblant de revenir en terrain connu avec In Two. On reprend avec le NIN que l'on connaît, en mode Downward, hargne et saturations...et on se fait défoncer par une montée haut perchée, old school, avant de se laisser choir sur un mix qui ne va pas sans rappeler tout ce que l'industrie du disque outre-atlantique nous sert en boucle, et comprendre au final que tout ça répond, et oui, à des codes tout à fait connus de Reznor. On break avec la séquence "I Just don't know anymore", qui me fout des frissons, à cause que oui, c'est du grand Trent comme je l'aime, doux, sensible, intime, emphatique...Les mix de grattes imbriquées qui montent lentement, pour reprendre en violence contenue, on vire sur The Fragile, et ça casse, pof.

Sans transition aucune, While I'm Still here attaque à la jonction d'HTDA et de Year Zero, tout doux, posé, minimaliste. On retient cette sensation de calme, comme pour ne pas la laisser s'échapper, avec au fond du bide la peur de voir revenir tous les anciens démons...On approche de la fin de l'album, et petit clin d'œil perso un sax arrive de nulle part, car on sait que dehors le monde est inquiétant, alors on réchauffe tant qu'on peut les repères connus et rassurants.

Annonce finale, là aussi abrupte, d'un Black Noise qui prolonge et clôt cette série continue de titres sur des samples sans textes que l'on connaît...Mais cette closure (ha ha !) est en forme d'effet d'annonce, une ouverture qui nous promet à nouveau du NIN...affaire à suivre donc !!!

 

portrait reznor

 

Conclusion

Comment est-il possible de faire un album qui soit à ce point ancré en 2013, tout en évoquant à tout moment l'esprit 90's ? Comment peut-on à ce point balader l'auditeur au fil de la construction délirante de chaque morceau ? Comment peut-on à ce point perdre le fan tout en passant son temps à lui faire des clins d'œil empreints de connivence ?

Un gros savoir-faire que Monsieur Reznor met au service d'une confession mature, débridée, lucide et sereine. Un hommage à soi-même, une variation totalement égocentrique du bonhomme dont on n'attendait pas moins, une évolution logique et courageuse à la fois, une inventivité décuplée, un sens infini du détail en cadeau aux fans, une musique chiadée et contemporaine pour les nouveaux arrivants...

Hesitation Marks est parti pour diviser, soyons honnête...Le gros fanboy que je suis y a trouvé son compte, découvert beaucoup de choses, retrouvé d'anciennes avec plaisir...La qualité est là, et si l'écoute se mérite, elle sait être récompensée de jolies pépites. Je ne m'attendais pas à ça, mais aucune déception pour autant : NIN a encore une fois été capable de me surprendre, de me proposer des ambiances nuancées, des trips hallucinés...Un joli stroboscope sonore que je ne saurais que trop chaudement recommander...Merci Monsieur Reznor, et à très vite j'espère...Putain, j'ai hâte de me bouffer tout ça en live !!!!

 

 

* : A savoir The Social Network (avec, pour avoir foutu un bon coup de pied dans la fourmilière bien plan-plan des compositeurs de musiques de film, un oscar plutôt mérité du coup),  et Millenium : The Girl with the Dragon Tattoo (un exercice aussi glacial et léché que la photo du métrage, qui nous sert en introduction une reprise déroutante et magnifique du grand classique Immigrant Song de Led Zeppelin)

** : "La maxime « Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme» attribuée à Lavoisier, est simplement la reformulation d’une phrase du philosophe grec Anaxagore : « Rien ne naît ni ne périt, mais des choses déjà existantes se combinent, puis se séparent de nouveau ».", http://fr.wikipedia.org/wiki/Antoine_Lavoisier#Post.C3.A9rit.C3.A9